Passer du résidentiel au tertiaire est la première marche de croissance d'une entreprise d'électricité : les affaires sont plus grosses, mais les exigences aussi. Voici ce qui change concrètement.
—1. L'éclairement devient une exigence chiffrée
En résidentiel, on éclaire « suffisamment ». En tertiaire, le niveau d'éclairement est prescrit par activité (référentiel NF EN 12464-1) et se mesure en lux au plan de travail. Ordres de grandeur usuels :
| Local | Éclairement de référence |
|---|---|
| Circulation, couloir | ~100 lux |
| Sanitaires, vestiaires | ~200 lux |
| Bureau, salle de réunion | ~500 lux |
| Salle de classe | ~300 à 500 lux |
| Surface de vente | ~300 à 500 lux, avec accentuation |
| Cuisine professionnelle | ~500 lux |
| Atelier de précision | 750 lux et plus |
Le dimensionnement se fait en lumens : on part de la surface, du niveau requis, du flux des luminaires et des facteurs de local. Un devis tertiaire qui annonce le nombre de luminaires sans justifier les lux est immédiatement critiquable — et souvent rejeté par le maître d'œuvre.
Sont également jugés : l'uniformité de l'éclairement, l'éblouissement (UGR) sur les postes d'écran, et le rendu des couleurs pour la vente.
—2. L'éclairage de sécurité devient obligatoire
Dans les locaux recevant du public ou du personnel, il faut prévoir :
- l'éclairage d'évacuation : BAES le long des cheminements, aux changements de direction et à chaque issue ;
- l'éclairage d'ambiance ou anti-panique dans les grands volumes ;
- la signalisation des issues de secours ;
- la télécommande de mise au repos.
C'est un lot à part entière dans le devis, avec son propre circuit et sa maintenance.
—3. La densité de prises explose
Un poste de travail tertiaire consomme peu mais mobilise beaucoup de points : plusieurs prises de courant, prises dédiées à l'informatique, connectiques réseau, alimentation des écrans. On raisonne en postes de travail plutôt qu'en pièces, avec des ensembles regroupés en goulotte, plinthe technique ou boîte de sol.
À prévoir en plus : alimentation des imprimantes et copieurs, distributeurs de boissons, sèche-mains électriques dans les sanitaires, rideaux métalliques et enseignes pour les commerces.
—4. La distribution change d'échelle
Au-delà d'une certaine puissance, on quitte le petit tableau résidentiel :
- TGBT ou armoire divisionnaire, avec jeu de barres ;
- distribution par goulottes, chemins de câbles et colonnes montantes ;
- sous-tableaux par zone ou par étage, ce qui permet un exploitation par service ;
- sélectivité étudiée sur plusieurs niveaux ;
- souvent triphasé, avec équilibrage des phases à justifier ;
- comptage divisionnaire lorsque plusieurs preneurs se partagent le bâtiment.
—5. La continuité de service devient un sujet contractuel
Un commerce à l'arrêt perd du chiffre d'affaires à l'heure. Le devis doit traiter :
- groupe électrogène et inverseur de source ;
- onduleur pour l'informatique et la caisse ;
- parafoudre, souvent indispensable ;
- circuits séparés entre les usages critiques et le confort, pour qu'un défaut de climatisation ne coupe pas la caisse.
—6. Les contraintes d'exploitation qui coûtent
Ce sont elles qui font varier les prix de main-d'œuvre :
- travail en site occupé : intervention en soirée, le week-end, par phases ;
- coordination avec les autres corps d'état (faux plafonds, cloisons, climatisation) ;
- plannings imposés et pénalités de retard ;
- dossier des ouvrages exécutés : plans, schémas, notices, procès-verbaux d'essais ;
- réception avec bureau de contrôle et lever de réserves.
Chiffrez ces sujétions explicitement. Un devis tertiaire aligné sur des prix résidentiels perd de l'argent, même en gagnant l'affaire.
—7. Les postes que les débutants oublient
- l'éclairage de sécurité et sa maintenance ;
- les chemins de câbles et supports ;
- le repérage complet et le dossier technique ;
- les réservations et percements coordonnés ;
- les essais et mesures documentés ;
- la remise en état des faux plafonds et cloisons.
—8. Chiffrer un devis tertiaire avec DeviBTP
DeviBTP propose des typologies tertiaires (bureaux, commerce, salle de classe, restauration) et industrielles avec TGBT. Le logiciel calcule l'éclairement requis par local, propose les circuits, l'éclairage de sécurité, la distribution et le bilan de puissance, produit le schéma unifilaire et un PDF présentable à un maître d'œuvre. Tous les prix unitaires et forfaits restent ajustables selon votre marché.
—En résumé
Trois différences structurent le tertiaire : l'éclairement est prescrit et doit être justifié, l'éclairage de sécurité est obligatoire, et les contraintes d'exploitation se chiffrent. Maîtrisez ces trois points, et vous accédez à des affaires cinq à dix fois plus importantes que le résidentiel.
—9. Barème de prix 2026 pour un devis électrique tertiaire
Les fourchettes ci-dessous servent de repère de premier chiffrage. Elles supposent un local existant, une distribution en faux plafond ou en goulotte, et un tableau divisionnaire par zone. Ajustez-les avec vos prix d'achat et votre taux horaire : c'est exactement ce que fait la bibliothèque de prix de DeviBTP.
| Typologie de local | Ratio au m² (fourniture + pose) | Points clés du chiffrage |
|---|---|---|
| Plateau de bureaux cloisonné | 95 à 160 €/m² | densité de prises, réseau informatique, éclairage 500 lux |
| Open space | 80 à 130 €/m² | luminaires suspendus, nourrices, boîtes de sol |
| Boutique / showroom | 110 à 190 €/m² | rails d'éclairage, mise en valeur, variation, vitrine |
| Restaurant / cuisine pro | 150 à 260 €/m² | puissance cuisson, IP, arrêt d'urgence, extraction |
| Salle de classe | 85 à 140 €/m² | uniformité d'éclairement, tableau interactif, sécurité |
| Local technique / TGBT | au forfait | jeu de barres, sélectivité, mesure, délestage |
Comment lire ce tableau ? Un ratio n'est pas un devis : il sert à vérifier votre chiffrage détaillé. Si votre devis de bureaux tombe à 45 €/m², vous avez oublié des postes (éclairage de sécurité, chemins de câbles, essais, dossier technique). S'il monte à 240 €/m², vous vendez probablement du sur-mesure : justifiez-le poste par poste, sinon le maître d'ouvrage ira voir ailleurs.
—10. Les six postes qui font la marge en tertiaire
- 1L'éclairage. C'est le poste le plus visible et le plus comparable. Chiffrez-le en lumens justifiés (NF EN 12464-1) et proposez systématiquement une variante LED avec gestion : vous vendez plus cher et vous démontrez l'économie d'exploitation.
- 2La gestion technique. Détection de présence, gradation par zone, horloge, télérelève : quelques centaines d'euros de matériel qui se vendent avec un argument chiffré (30 à 45 % de consommation d'éclairage en moins dans les circulations).
- 3Les courants faibles. Réseau catégorie 6A, baie brassée, contrôle d'accès, vidéophonie : marges plus élevées que la distribution de puissance, et concurrence moins agressive.
- 4La sécurité. Éclairage de sécurité (BAES), alarme incendie de type 4, arrêts d'urgence : obligatoire, donc non négociable, et souvent absent des devis concurrents.
- 5Le dossier des ouvrages exécutés. Plans, schémas unifilaires, procès-verbaux d'essais : facturez-le comme une prestation d'étude et non comme un cadeau. Un schéma unifilaire propre justifie à lui seul plusieurs centaines d'euros.
- 6La maintenance. Un contrat annuel de vérification (serrage, thermographie, test des BAES) transforme un chantier ponctuel en revenu récurrent.
—11. Structurer le devis pour qu'il soit signé
Un devis tertiaire se lit par un architecte, un économiste ou un directeur d'exploitation. Il doit être comparable, traçable et rassurant.
- Un lot par zone, dans l'ordre du plan : arrivée et TGBT, distribution, éclairage, prises et courants faibles, sécurité, essais et dossier.
- Une ligne = un ouvrage identifiable (référence, quantité, unité, prix unitaire), jamais un forfait fourre-tout de 20 000 € intitulé « électricité ».
- Les hypothèses écrites : hauteur sous plafond, mode de pose, puissance souscrite, ce qui est à la charge du client (percements structurels, faux plafonds, tranchées).
- Les exclusions, pour éviter la réclamation : dépose d'amiante, gros œuvre, alimentation d'appareils fournis par le client.
- Les options chiffrées séparément : c'est la façon la plus simple d'augmenter le panier moyen sans faire peur sur le prix de base.
- La validité, l'acompte, le délai et les modalités de paiement — en tertiaire, la trésorerie se gagne dans les conditions, pas dans les prix.
—12. Les erreurs qui coûtent le plus cher
- Sous-estimer la coordination. En site occupé, une intervention de nuit ou par phases peut doubler le temps de main-d'œuvre. Chiffrez la sujétion, ne l'absorbez pas.
- Oublier la sélectivité. Un défaut sur un circuit de confort qui coupe la caisse ou la chambre froide se paie en litige, pas en devis.
- Négliger les réserves de tableau. Le tertiaire évolue tous les deux ans : prévoyez 30 % de réserve, et vendez-la comme un avantage.
- Recopier des prix résidentiels. Les câbles, les supports, le repérage et la documentation ne sont pas les mêmes ouvrages.
- Livrer sans mesures. Sans procès-verbal d'essais (continuité des terres, isolement, déclenchement des différentiels), la réception peut être refusée.
—13. Un exemple complet : boutique de 120 m²
| Poste | Quantité | Montant indicatif |
|---|---|---|
| Tableau divisionnaire + protections + réserve | 1 | 2 400 € |
| Distribution, chemins de câbles, goulottes | 120 m² | 4 100 € |
| Éclairage sur rails + vitrine + gradation | 34 luminaires | 6 800 € |
| Prises, caisse, réserve, courants faibles | 1 lot | 2 900 € |
| Éclairage de sécurité et signalisation | 6 blocs | 1 250 € |
| Essais, repérage, dossier technique | 1 forfait | 1 100 € |
| Total indicatif hors taxes | 18 550 € |
Soit environ 155 €/m² : cohérent avec le barème du chapitre 9 pour une boutique avec mise en valeur. Le même local chiffré sans éclairage de sécurité, sans dossier et sans réserve tomberait à 13 000 € — un devis « moins cher » qui perd de l'argent dès la première réserve de réception.
—14. Gagner du temps : produire ce devis en 5 minutes
Ce type de chiffrage prend une demi-journée à la main. Avec DeviBTP, vous saisissez les locaux, leurs surfaces et leur usage ; le logiciel calcule l'éclairement requis, propose les circuits et les protections, dresse le bilan de puissance, dessine le schéma unifilaire et sort un devis PDF à votre en-tête, avec vos prix et vos marges.
- Premier devis gratuit, sans carte bancaire : créer mon devis tertiaire.
- Comparer les abonnements et le volume inclus : voir les tarifs.
- Vérifier un dimensionnement avant de chiffrer : calcul de section de câble et bilan de puissance.
- Monter en compétence et vendre des prestations connectées à plus forte marge : formation domotique certifiante.
—Questions fréquentes
Quel est le prix moyen d'un devis électrique tertiaire au m² en 2026 ?
Comptez 80 à 160 €/m² pour des bureaux, 110 à 190 €/m² pour une boutique et 150 à 260 €/m² pour un restaurant, fourniture et pose comprises. Ces ratios incluent la distribution, l'éclairage, les prises, l'éclairage de sécurité et les essais, mais pas le gros œuvre ni le raccordement du distributeur d'énergie.
Quelles normes s'appliquent à une installation électrique tertiaire ?
La NF C 15-100 encadre la conception et la sécurité de l'installation, la NF EN 12464-1 fixe les niveaux d'éclairement selon l'activité, et le code du travail impose l'éclairage de sécurité et les vérifications périodiques. En Belgique, c'est le RGIE qui s'applique, avec contrôle obligatoire par un organisme agréé.
L'éclairage de sécurité est-il obligatoire dans une boutique ?
Oui, dès qu'un local reçoit du public ou des travailleurs, un éclairage d'évacuation et d'ambiance est exigé, avec essais périodiques. Il doit apparaître explicitement sur le devis, avec le nombre de blocs, leur autonomie et le mode de test.
Comment justifier un devis plus cher que celui d'un concurrent ?
En rendant visible ce que l'autre n'a pas chiffré : niveaux d'éclairement calculés, sélectivité des protections, réserve de tableau, procès-verbaux d'essais, dossier des ouvrages exécutés et garantie. Un devis détaillé ligne par ligne se défend ; un forfait global ne se défend pas.
Faut-il un schéma unifilaire pour un devis tertiaire ?
Il n'est pas exigé au stade du devis, mais il fait la différence à la décision et devient indispensable à la réception. DeviBTP le génère automatiquement à partir des circuits chiffrés, ce qui vous permet de le joindre dès la remise de l'offre.
Combien de temps faut-il pour chiffrer un plateau de bureaux de 400 m² ?
À la main, une demi-journée à une journée avec les métrés, le bilan de puissance et la mise en page. Avec un logiciel de devis qui calcule les circuits et les quantités, comptez une vingtaine de minutes, le temps restant étant consacré à l'ajustement commercial de vos prix.
Faut-il demander un acompte sur un chantier tertiaire ?
Oui, presque toujours. Un acompte de 30 % à la commande couvre l'approvisionnement des luminaires et du tableau, dont les délais peuvent atteindre plusieurs semaines. Prévoyez ensuite des situations mensuelles selon l'avancement, puis un solde à la levée des réserves : c'est la norme dans le secteur et cela protège votre trésorerie sans inquiéter le client.
Comment chiffrer un chantier en site occupé ?
Identifiez les contraintes une par une et donnez-leur un prix : plages horaires imposées, travail par zones, protections de sols et mobilier, nettoyage quotidien, remise en service partielle chaque soir. Une majoration de 15 à 35 % de la main-d'œuvre est courante ; annoncée et justifiée dans le devis, elle est acceptée. Absorbée en silence, elle mange toute la marge.
Quels documents remettre à la réception d'un lot électrique tertiaire ?
Le schéma unifilaire à jour, le repérage des tableaux, le bilan de puissance, les fiches techniques des matériels, les procès-verbaux d'essais (continuité des terres, isolement, déclenchement des différentiels, autonomie des blocs de sécurité) et la notice d'exploitation et de maintenance. Ce dossier conditionne souvent le paiement du solde : le chiffrer dès le devis évite d'y travailler gratuitement.
Peut-on utiliser DeviBTP pour un devis tertiaire, pas seulement résidentiel ?
Oui. Les typologies tertiaires et industrielles sont intégrées : bureaux, commerce, salle de classe, restauration, local technique avec TGBT. Le logiciel calcule l'éclairement requis par local, propose les circuits et les protections, produit le bilan de puissance, le schéma unifilaire et un devis PDF présentable à un maître d'œuvre, avec vos prix et vos marges.
Comment décrocher plus d'affaires tertiaires quand on vient du résidentiel ?
Commencez par des locaux de petite surface : boutique, cabinet, agence, salle de réunion. Remettez une offre structurée par lots avec éclairement justifié, éclairage de sécurité et dossier technique chiffré : c'est ce niveau de présentation, plus que le prix, qui décide un gestionnaire de site. Un premier chantier bien documenté amène naturellement le contrat de maintenance, puis les autres locaux du même exploitant.
Ets Nespadi
Entreprise international de construction BTP. Spécialisée dans la Domotique et maisons connectées. Ayant une longue expérience dans le pesage à l'essieux HS-WIM ; LS-WIM.
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