—À quoi sert vraiment un schéma unifilaire
Le schéma unifilaire représente, sur une seule ligne, la distribution électrique d'une installation : depuis le point de livraison du distributeur jusqu'au dernier circuit terminal. Contrairement au schéma développé (qui montre chaque conducteur), il synthétise : un trait = un circuit, quels que soient le nombre de phases et la présence du neutre.
C'est un document contractuel dans trois situations très concrètes :
- La réception des travaux. Le maître d'ouvrage, le bureau de contrôle ou l'organisme de vérification demande le schéma pour rapprocher ce qui est installé de ce qui a été facturé.
- La maintenance. Dix ans plus tard, celui qui ouvre le tableau doit comprendre en trente secondes quel disjoncteur alimente quoi.
- La modification. Ajouter un circuit de recharge de véhicule électrique ou une pompe à chaleur sans schéma revient à travailler à l'aveugle sur le bilan de puissance.
—Les éléments obligatoires d'un schéma conforme
La NF C 15-100 (et son guide UTE C 15-105 pour les calculs) n'impose pas une charte graphique, mais impose que l'installation soit identifiable. En pratique, un schéma exploitable contient toujours :
- 1L'origine de l'installation : type de branchement (monophasé 230 V ou triphasé 400 V), section et nature du câble de liaison, calibre de l'AGCP (appareil général de commande et de protection).
- 2Le dispositif de coupure générale et, le cas échéant, le compteur et le disjoncteur de branchement avec son réglage.
- 3Les interrupteurs différentiels : calibre, sensibilité (30 mA pour les circuits terminaux domestiques), type (AC, A ou F selon les charges).
- 4Chaque départ : repère, calibre du disjoncteur, courbe (B ou C), section des conducteurs, nature de la canalisation, et destination en clair.
- 5La liaison équipotentielle et la prise de terre : valeur mesurée ou visée, section du conducteur principal de protection.
- 6Les circuits spécialisés identifiés comme tels : cuisson, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, chauffe-eau, IRVE.

—Les symboles à connaître (IEC 60617)
Le jeu de symboles utilisé en Europe et en zone franc est celui de la CEI 60617. Les six qui couvrent 90 % des schémas résidentiels :
| Symbole | Désignation | Usage courant |
|---|---|---|
| Rectangle barré en diagonale | Disjoncteur (magnétothermique) | Protection de départ, 2, 10, 16, 20, 32 A |
| Rectangle avec test « T » | Interrupteur différentiel | 40 A / 30 mA type AC, A ou F |
| Rectangle avec T et diagonale | Disjoncteur différentiel | Circuit spécialisé (IRVE, chauffe-eau) |
| Trois traits horizontaux décroissants | Prise de terre | Origine de l'installation |
| Cercle barré | Point lumineux | Circuit éclairage |
| Deux traits parallèles verticaux | Prise de courant 16 A | Circuit prises |
Les repères, eux, ne sont pas normalisés dans leur libellé mais doivent être uniques et reportés physiquement dans le tableau. La convention la plus lisible reste alphanumérique par nature de circuit : EC1, EC2… pour l'éclairage, PC1, PC2… pour les prises, SP1… pour les circuits spécialisés.
—Méthode en 6 étapes
1. Inventorier les circuits, pas les pièces
On ne dessine pas un schéma « par pièce » : on dessine par circuit. Un circuit éclairage peut couvrir deux chambres et un couloir ; une cuisine peut mobiliser cinq circuits. Le comptage se fait donc sur les règles de la NF C 15-100 : 8 points lumineux maximum par circuit éclairage, 8 socles maximum par circuit prises en 1,5 mm² (12 en 2,5 mm²), 6 socles dédiés au plan de travail de la cuisine sur deux circuits distincts.
2. Fixer les sections avant les calibres
L'ordre logique est inverse de l'habitude : c'est la section qui borne le calibre, jamais l'inverse.
| Section | Calibre maximal | Application typique |
|---|---|---|
| 1,5 mm² | 16 A | Éclairage, volets roulants |
| 2,5 mm² | 20 A | Prises, lave-linge, lave-vaisselle |
| 6 mm² | 32 A | Plaque de cuisson, IRVE 7,4 kW |
| 10 mm² | 40/50 A | Sous-tableau, alimentation dépendance |
3. Regrouper sous les différentiels
Chaque interrupteur différentiel 30 mA protège un groupe de départs. Deux règles pratiques :
- ne pas mettre tout l'éclairage sous un même différentiel que toutes les prises : en cas de déclenchement, le logement doit rester partiellement utilisable ;
- respecter la somme des courants : la charge cumulée des départs ne doit pas dépasser le calibre du différentiel corrigé du coefficient de simultanéité.
4. Vérifier la sélectivité verticale
C'est l'erreur la plus fréquente sur les schémas faits à la main : un disjoncteur amont de calibre trop proche du départ aval. La règle usuelle est un rapport de 1,6 minimum entre l'amont et l'aval. Un départ 20 A protégé par un amont 25 A ne sélectionne pas : sur un défaut en bout de ligne, c'est le disjoncteur général qui tombe, et tout le logement avec.
5. Dimensionner le disjoncteur de tête
Le calibre de tête découle du bilan de puissance après application des coefficients d'utilisation (Ku) et de simultanéité (Ks). En monophasé 230 V, on divise la puissance foisonnée par 230 ; au-delà de 12 kVA, la question du passage en triphasé se pose systématiquement — non seulement pour le calibre, mais pour l'équilibrage des phases.
6. Reporter le repérage dans le tableau
Un schéma juste et un tableau non repéré, c'est un schéma inutile. Étiquetage sur les modules, plus une copie du schéma dans une pochette à l'intérieur du coffret : c'est la pratique qui distingue un installateur professionnel d'un bricoleur outillé.
—Les 7 erreurs qui reviennent le plus souvent
- 1Des départs fantômes : un disjoncteur dessiné mais aucun circuit derrière, souvent un reliquat de copier-coller d'un ancien schéma.
- 2Le neutre non représenté sur les circuits bipolaires, ce qui rend le schéma illisible pour la maintenance.
- 3Des calibres incompatibles avec la section (32 A sur du 2,5 mm²).
- 4Un différentiel de type AC devant des charges électroniques.
- 5Aucune réserve dans le tableau : la norme demande au moins 20 % d'emplacements libres.
- 6Le chauffe-eau non identifié comme circuit spécialisé avec sa commande heures creuses.
- 7Le schéma non mis à jour après les modifications de chantier — le cas le plus courant, et le plus coûteux.
—Faut-il un logiciel dédié ?
Trois familles d'outils coexistent :
| Approche | Temps par tableau | Risque d'erreur | Coût |
|---|---|---|---|
| Papier / tableur | 1 à 3 h | Élevé (aucun contrôle) | 0 |
| CAO générique (DWG, Visio) | 45 à 90 min | Moyen (dessin juste, calculs non vérifiés) | Licence annuelle |
| Logiciel de devis avec schéma généré | 5 min | Faible (calculs et dessin liés) | Abonnement mensuel |
La différence de fond n'est pas le temps de tracé : c'est la cohérence. Dans un outil de dessin, rien n'empêche de dessiner un 32 A sur du 1,5 mm². Dans un outil où le schéma découle du bilan de puissance et du métré, l'incohérence est bloquée à la source.
—Générer le schéma depuis le devis, avec DeviBTP
C'est exactement le parti pris de DeviBTP : vous saisissez les pièces et les équipements, le logiciel calcule le bilan de puissance selon la norme applicable à votre pays, en déduit les circuits, les sections, les calibres et les différentiels — puis dessine le schéma unifilaire normalisé et le plan d'implantation (éclairage et prises), exportés dans le même PDF que le devis.
Concrètement :
- saisie guidée pièce par pièce (T1 à T5, tertiaire, industriel) ;
- bilan de puissance avec Ku/Ks explicités et modifiables ;
- schéma unifilaire avec repérage automatique et contrôle de sélectivité ;
- plan d'implantation imprimable, boîtes de dérivation incluses ;
- métrés (câbles, gaines, appareillage) avec majorations de chantier ;
- devis à votre en-tête, montant en lettres, échéancier de paiement.
—Combien de temps (et d'argent) coûte un schéma dessiné à la main
Un schéma unifilaire de tableau résidentiel dessiné sous un outil de dessin généraliste demande 45 minutes à 2 heures selon le nombre de départs. À 35 – 55 €/h de temps de bureau, cela représente 25 à 110 € de temps non facturé par affaire — et il faut recommencer à chaque modification du client.
| Méthode | Temps par tableau | Risque d'erreur | Mise à jour après modification |
|---|---|---|---|
| Dessin manuel (papier) | 30 – 60 min | élevé | à refaire |
| Outil de dessin généraliste | 45 min – 2 h | moyen | 15 – 30 min |
| Logiciel de CAO électrique | 20 – 40 min | faible | 10 min |
| Génération depuis le devis (DeviBTP) | < 1 min | faible | automatique |
—Ce que le schéma change dans votre taux de signature
Sur les chantiers résidentiels, joindre le schéma unifilaire au devis produit trois effets mesurables :
- 1Il justifie le prix. Le client voit 22 départs protégés, pas « un tableau ».
- 2Il neutralise la comparaison au moins-cher. Un concurrent qui remet une page A4 sans schéma paraît approximatif.
- 3Il accélère la vérification. Consuel en France, organisme agréé en Belgique : un schéma lisible évite les allers-retours et les levées de réserves.
C'est aussi un document exigé lors de la revente d'un bien en Belgique, et attendu par les assureurs en cas de sinistre d'origine électrique.
—Schéma unifilaire et normes : NF C 15-100, RGIE, CEMAC
Le formalisme change peu, mais les obligations changent :
| Contexte | Régime de neutre courant | Différentiels attendus | Particularité du schéma |
|---|---|---|---|
| France (NF C 15-100) | TT | 30 mA type AC + type A (plaque, lave-linge) | répartition par 8 circuits max/différentiel |
| Belgique (RGIE) | TT | 300 mA en tête + 30 mA salles d'eau | schéma de position obligatoire en plus |
| Zone CEMAC | TT | 30 mA généralisé | terre mesurée à indiquer |
Pour aller plus loin : la NF C 15-100 expliquée simplement, le RGIE en Belgique et la composition du tableau électrique.
—Passer du schéma au devis signé
La séquence qui fait gagner des affaires est toujours la même : métrés → bilan de puissance → protections → schéma unifilaire → devis PDF. Chaque étape alimente la suivante, sans ressaisie.
- Vérifiez vos calculs avec le calculateur de bilan de puissance et le calculateur de section de câble.
- Créez votre devis gratuitement : le schéma unifilaire est inclus, à votre en-tête.
- Vous facturez des prestations pilotées (volets, éclairage scénarisé, KNX) ? La formation Domotique pratique montre les câblages réels et leur chiffrage.
—Questions fréquentes
Quel logiciel utiliser pour faire un schéma unifilaire en ligne ?
Un outil de CAO électrique convient pour les installations tertiaires complexes, mais il demande une prise en main de plusieurs jours. Pour le résidentiel et le petit tertiaire, un générateur qui construit le schéma à partir des circuits du devis est plus rapide et supprime les incohérences entre documents. DeviBTP produit le schéma automatiquement, sans installation de logiciel.
Le schéma unifilaire est-il obligatoire ?
Il est exigé pour la vérification initiale d'une installation (France, Belgique) et doit rester disponible dans le tableau ou son dossier. En pratique, aucun organisme de contrôle n'accepte un tableau sans schéma lisible et à jour.
Quelle différence entre schéma unifilaire et schéma de position ?
Le schéma unifilaire représente l'architecture électrique : arrivée, protections, départs, sections. Le schéma de position (ou plan d'implantation) montre où se trouvent physiquement les points lumineux, prises et appareillages dans le logement. Les deux sont complémentaires, et le RGIE belge exige les deux.
Combien de circuits par différentiel 30 mA ?
En résidentiel français, on limite en pratique à 8 circuits par différentiel, avec une répartition qui évite de couper tout le logement lors d'un défaut. Les circuits spécialisés (plaque, lave-linge, sèche-linge) demandent un différentiel de type A.
Comment indiquer les sections de câble sur le schéma ?
Chaque départ porte son calibre de protection, sa section en mm², son type de câble et le repère du circuit. Une section incohérente avec le calibre est l'erreur la plus fréquemment relevée : 16 A exige 1,5 mm² minimum en éclairage, 20 A exige 2,5 mm² pour les prises.
Peut-on modifier le schéma après génération ?
Oui : modifiez les circuits dans le devis, le schéma se régénère instantanément avec les nouvelles protections et sections. Le premier devis, schéma inclus, est gratuit et sans carte bancaire.
—Repérage et archivage : ce qui distingue un bon schéma
Un schéma juste mais illisible ne sert à personne. Trois règles de repérage suffisent à le rendre exploitable par un autre électricien dix ans plus tard :
- Une nomenclature stable : Q pour les protections, L pour les circuits d'éclairage, P pour les prises, S pour les circuits spécialisés, avec numérotation continue (Q1, Q2, L1, L2…).
- Le même repère sur trois supports : le schéma, l'étiquette du départ dans le tableau, et le devis. Un client qui retrouve « Q7 – prises cuisine » sur les trois documents ne conteste rien.
- La date et l'indice de révision en pied de page. Après une extension, l'ancien schéma doit être remplacé, pas complété au stylo.
Ce repérage est généré automatiquement quand le schéma vient du devis : les numéros de circuits, les étiquettes du tableau et les lignes du devis portent les mêmes références, sans ressaisie ni risque d'écart.
—Ce qu'il faut retenir
Le schéma n'est pas la dernière corvée d'un chantier : c'est la preuve technique que votre chiffrage tient debout. Produit automatiquement à partir du devis, il devient un argument commercial — très peu de concurrents remettent au client un devis accompagné du schéma et du plan.
Ets Nespadi
Entreprise international de construction BTP. Spécialisée dans la Domotique et maisons connectées. Ayant une longue expérience dans le pesage à l'essieux HS-WIM ; LS-WIM.
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Répartition des circuits, référencement, sélectivité : DeviBTP produit le schéma unifilaire et le plan d'implantation.
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